Vous venez de trouver la propriété qui vous plaît. Le quartier vous convient, le prix entre dans votre budget, et vous vous projetez déjà dans les lieux. Avant de signer quoi que ce soit, une étape s'impose : l'inspection préachat.
Cette démarche peut sembler technique, mais c'est avant tout un outil de protection. Savoir quoi observer et quelles questions poser à votre inspecteur en bâtiment peut faire toute la différence entre un achat serein et de mauvaises surprises coûteuses. Voici un guide dont l’objectif est de permettre d’aborder cette étape avec confiance et ainsi prendre une décision éclairée.
En bref :
- L'inspection préachat est une évaluation visuelle et non invasive de l'état d'une propriété, réalisée par l'inspecteur en bâtiment certifié.
- Vérifiez que votre inspecteur est membre de l'AIBQ et détient une assurance responsabilité professionnelle.
- Elle vise à détecter les déficiences majeures (structure, sécurité, infiltrations) avant de vous engager.
- Prévoyez un budget de 300 $ à 700 $ pour l'inspection.
- Le rapport d’inspection est un outil de négociation légitime : vous pouvez renégocier le prix, demander des correctifs ou vous retirer de la transaction.
- N'oubliez pas d'inclure une clause d'inspection dans votre promesse d’achat, c'est votre filet de sécurité.
Quand faire appel à un inspecteur en bâtiment?
L'inspection se tient généralement après l'acceptation d'une offre d'achat conditionnelle. À ce stade, vous avez démontré votre intérêt sérieux pour la propriété, sans encore vous engager de façon définitive.
Quelques points importants à garder en tête :
La promesse d’achat prévoit habituellement un délai de 7 à 10 jours pour réaliser l'inspection. Ce délai est prévu au formulaire obligatoire de l'OACIQ et peut être négocié entre les parties.
Ne précipitez pas le choix de votre inspecteur : prenez le temps de vérifier ses qualifications et son expérience avec des propriétés similaires à celle que vous convoitez.
Pour trouver un inspecteur qualifié, confirmez son appartenance à l'AIBQ (Association des inspecteurs en bâtiment du Québec) et vérifiez qu'il ou elle détient une assurance responsabilité professionnelle ainsi que sa licence RBQ (obligatoire à partir du mois d'octobre 2027)
Ces deux critères vous assurent de faire affaire avec un(e) professionnel(le) reconnu(e), capable d'assumer ses responsabilités en cas d'erreur ou d'omission. Évitez de retenir un(e) inspecteur uniquement sur recommandation du vendeur, pour prévenir tout conflit d'intérêts apparent.
Bon à savoir :
L'inspection préachat n'est pas légalement obligatoire au Québec, mais elle est recommandée de façon quasi universelle par les professionnels du milieu immobilier. Renoncer à cette étape, c'est acheter à l'aveugle.
Quelles questions poser à l'inspecteur pendant l'inspection?
Votre présence lors de l'inspection est fortement recommandée. C'est le moment idéal pour poser vos questions directement, obtenir des nuances que le rapport ne transmet pas toujours, et mieux comprendre ce que vous observez sur place.
Prévoyez environ 2 à 3 heures pour une maison unifamiliale standard. Apportez un carnet de notes ou utilisez votre téléphone pour photographier les éléments soulevés par l'inspecteur.
Quels sont les problèmes les plus importants observés?
Il est recommandé de demander à l’inspecteur de classer les problèmes par ordre de priorité afin de savoir :
Ce qui est urgent et préoccupant : risque pour la sécurité ou la structure (ex. : panneau électrique Federal Pacific, fissure horizontale dans la fondation, infiltration d'eau active)
Ce qui mérite d'être surveillé dans le temps : sans action immédiate requise, mais à réévaluer périodiquement (ex. : fissure capillaire stable, condensation légère aux fenêtres)
Ce qui est purement esthétique : sans impact réel sur la valeur ou la sécurité (ex. : peinture défraîchie, plancher éraflé, comptoir démodé)
Cette hiérarchie peut aider à concentrer votre attention sur ce qui compte vraiment, et à ne pas réagir de façon disproportionnée à des défauts mineurs.
Quels travaux devront être réalisés à court terme?
Certains éléments ont une durée de vie limitée. Posez des questions précises sur :
La toiture : âge estimé, signes de détérioration, durée de vie restante. Un remplacement complet peut coûter entre 8 000 $ et 40 000 $ selon la superficie, les matériaux et l’état de la toiture.
Les fenêtres et portes : étanchéité, vétusté, infiltrations potentielles. Des fenêtres en fin de vie peuvent représenter un investissement de 10 000 $ à 30 000 $ (soit entre 600 $ et 3 000 $ l’unité environ) pour une maison complète.
Le système de chauffage et la climatisation : âge, état général, conformité aux normes actuelles.
Le revêtement extérieur : état global, risques d'infiltration d'eau, signes de pourriture ou de décollement.
Chaque réponse vous aidera à estimer les dépenses à intégrer dans votre budget à court et moyen terme.
Quels éléments nécessitent une surveillance continue?
Certains enjeux pourraient ne pas être nécessairement classés ou priorisés comme urgents, mais méritent d'être suivis de près après l'achat :
Les infiltrations d'eau : fissure dans la fondation (selon la largeur de la fissure), traces d'humidité (sous-sol et entretoit, par exemple), zones sombres ou cernes au plafond;
Les problèmes de ventilation : condensation excessive, moisissures naissantes dans les coins, odeur de renfermé;
Connaître ces signaux pourrait vous permettre d’agir rapidement si la situation se détériore après la prise de possession.
Ces problèmes sont-ils courants ou réellement préoccupants?
Toutes les propriétés ont leurs imperfections. Une maison de 30 ans ne se compare pas à une construction neuve. Demandez à votre inspecteur de contextualiser ses observations :
Ce défaut est-il normal pour un bâtiment de cet âge et de ce type de construction?
Quel est le niveau de risque réel associé à ce problème?
Est-ce que d'autres propriétés similaires dans le secteur présentent les mêmes caractéristiques?
Cette mise en perspective a pour objectif de vous soutenir dans votre évaluation de la situation avec lucidité, sans surestimer ni minimiser les enjeux.
Recommandez-vous l'intervention d'un(e) spécialiste?
L'inspection de maison ne couvre pas tout. Dans certains cas, l'inspecteur peut suggérer des évaluations complémentaires, réalisées par :
Un ingénieur en structure (fondation compromise, charpente affaissée);
Un électricien certifié(e) (système électrique douteux, panneau obsolète);
Un expert en fondations (signes de mouvement important, fissures évolutives);
Un couvreur (toiture en fin de vie, infiltrations récurrentes);
Un thermographe pour la détection de radon;
Il peut aussi recommander des tests spécialisés propres au contexte québécois :
Détection de pyrite dans les fondations (particulièrement dans certaines régions de la Rive-Sud de Montréal et de l'Estrie, où le remblai utilisé dans les années 1980-1990 contenait parfois ce minéral problématique).
Mesure du radon : gaz radioactif naturel, inodore et incolore, qui peut s'accumuler dans les sous-sols. Santé Canada recommande de prendre des mesures correctives lorsque la concentration dépasse 200 Bq/m³.
Présence d'ocre ferreuse : dépôt bactérien pouvant obstruer les drains français et les systèmes d'évacuation des eaux souterraines.
Détection d'amiante : matériau autrefois utilisé dans l'isolation, les tuiles de plancher et les conduits de ventilation, surtout dans les bâtiments construits avant 1990. Inoffensif lorsqu'il est intact, il devient un risque pour la santé lorsqu'il est perturbé lors de rénovations.
Conseils :
Ces tests représentent un coût supplémentaire, mais peuvent révéler des problèmes sérieux (notamment sur votre santé et celle de votre entourage), invisibles à l'œil nu, dont la correction pourrait coûter des dizaines de milliers de dollars
Diverses questions à poser sur les systèmes et composantes du bâtiment?
Au-delà des questions générales, il est utile d'interroger l'inspecteur sur les grands systèmes de la propriété. Chaque défaillance a un coût (financier ou sécuritaire) qu'il vaut mieux connaître à l'avance.
Quel est l'état de la toiture et quelle est sa durée de vie restante?
Quels matériaux ont été utilisés (asphalte, métal, membrane élastomère, tôle)?
L'âge estimé correspond-il aux informations fournies par le vendeur?
Des signes de détérioration sont-ils visibles (granules manquants dans les gouttières, soulèvement des bardeaux, taches d'infiltration au plafond)?
Quel serait le coût approximatif d'un remplacement dans les prochaines années?
Pour information :
Au Québec, le remplacement d'une toiture en bardeaux d'asphalte pour une maison de taille moyenne coûte généralement entre 10 000 et 20 000 $ selon la complexité de la structure (pentes, lucarnes, cheminées).
La fondation présente-t-elle des fissures ou des signes de mouvement?
Les fissures sont-elles horizontales (plus préoccupantes, car elles peuvent indiquer une pression latérale excessive), verticales (souvent liées au retrait du béton) ou en escalier (typiques des fondations en blocs de béton)?
Y a-t-il des traces d'infiltration d'eau au sous-sol (cernes, efflorescence blanche, odeur d'humidité)?
La situation est-elle stable ou évolutive? Des témoins de fissures ont-ils été posés?
La plomberie est-elle en bon état et conforme?
Quels matériaux composent les tuyaux? Le plomb (présent dans les maisons d'avant 1960) pose des risques pour la santé. Le cuivre est durable mais peut se corroder. Le PVC est moderne et résistant.
La pression d'eau est-elle adéquate dans l'ensemble de la maison?
Quels sont l'état et l'âge du chauffe-eau? (Durée de vie moyenne : 8 à 10 ans)
Le système électrique est-il sécuritaire et conforme aux normes?
Le panneau électrique est-il d'une marque obsolète, comme Federal Pacific ou Zinsco? Ces marques, présentes dans de nombreuses propriétés québécoises construites entre les années 1960 et 1980, sont associées à des risques accrus d'incendie en raison de disjoncteurs défaillants.
La capacité en ampères est-elle suffisante pour les besoins modernes (100 amp pour un condo moyen (1500 pi2 et moins) et 200 amp pour une maison moyenne (1500 pi2 et plus) ?
Y a-t-il des prises non mises à la terre, du câblage en aluminium ou des installations non conformes au Code de construction du Québec?
Y a-t-il des signes d'humidité, de moisissure ou de problèmes de ventilation?
Des traces d'humidité sont-elles visibles dans le sous-sol, les combles ou les salles de bain?
Des moisissures sont-elles présentes, même en surface? (Taches noires, vertes ou blanches sur les murs, les plafonds ou autour des fenêtres)
La ventilation des espaces fermés (combles, vide sanitaire) est-elle adéquate? Un échangeur d'air est-il présent et fonctionnel?
Pourquoi ces questions sont particulièrement importantes?
Les problèmes d'humidité peuvent entraîner des coûts de remédiation élevés (parfois 5 000 $ à 30 000 $ pour un traitement complet de moisissures) et nuire à la qualité de l'air intérieur, un enjeu de santé pour vous et votre famille.
Pourquoi l'inspection préachat est-elle si importante?
L'achat d'une propriété représente souvent le plus grand investissement d'une vie. Pourtant, ce qu'on voit lors d'une visite ne reflète pas toujours l'état réel du bâtiment. C'est précisément là qu'intervient l'inspection immobilière : combler l'écart entre l'apparence et la réalité.
Détecter les déficiences visibles et potentielles
L'inspection de maison est une démarche visuelle, non invasive et non destructive. Concrètement, l'inspecteur examine ce qui est accessible à l'œil, sans ouvrir les murs ni démonter les installations. Cette personne ne réalise pas de tests en laboratoire et ne perce aucune surface.
Son rôle est de distinguer :
Les déficiences majeures : celles qui touchent la sécurité des occupants ou la structure du bâtiment (fondation fissurée, panneau électrique défaillant, infiltration d'eau active).
Les déficiences mineures : celles qui relèvent du cosmétique ou de l'esthétique (peinture écaillée, joint de calfeutrage à refaire, robinet qui goutte).
Il ou elle évalue aussi la durée de vie restante des composantes clés, comme la toiture ou le système de chauffage, une information précieuse pour anticiper les dépenses à venir.
Le saviez-vous?
Selon la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL), une toiture en bardeaux d'asphalte a une durée de vie moyenne de 15 à 25 ans, tandis qu'un système de chauffage central dure généralement de 15 à 20 ans.
Comprendre l'état réel du bâtiment avant l'achat
Le rapport d’inspection, c'est une photographie de la propriété au moment de la visite. Il ne constitue pas une garantie sur l'état futur du bâtiment, mais il vous renseigne sur :
Les travaux à prévoir à court et à moyen terme;
Les composantes qui arrivent en fin de vie utile;
L'adéquation entre le prix demandé et l'état réel du bâtiment;
Cette information est utile pour tout acheteur, qu'il s'agisse d'un premier achat ou d'une acquisition subséquente. Elle vous permet de planifier votre budget de façon réaliste et d'éviter les mauvaises surprises financières dans les mois suivant la prise de possession.
Prendre une décision éclairée et réduire les risques
L'inspection préachat est bien plus qu'une formalité administrative. Elle peut permettre de :
Négocier le prix de vente en vous appuyant sur des faits concrets et des estimations de coûts documentées.
Annuler la promesse d’achat si des problèmes majeurs sont découverts, à condition d'avoir inclus une clause d'inspection à cet effet.
Vous protéger contre certains vices cachés en démontrant votre diligence raisonnable comme acheteur prudent.
Inclure une offre d'achat conditionnelle à l'inspection est donc une décision sage, pouvant servir de filet de sécurité dans le processus d'achat immobilier.

Comment interpréter un rapport d’inspection préachat?
Vous avez reçu votre rapport d’inspection. Il fait plusieurs dizaines de pages, avec photos et codes de couleur à l'appui. Par où commencer?
Tous les problèmes signalés ne sont pas des motifs de refus
Aucune propriété n'est parfaite. Un rapport volumineux ne signifie pas que la maison est en mauvais état, il reflète surtout la rigueur de l'inspecteur. Un rapport de 40 pages pour une maison de 30 ans est tout à fait normal.
L'essentiel est de distinguer les éléments qui pourraient influencer vraiment votre décision d'achat de ceux qui sont de moindre importance. Il est conseillé de vous concentrer sur les éléments classés comme « majeurs » ou « urgents » dans le rapport.
Trois éléments essentiels à tenir en compte afin d’identifier les enjeux majeurs dans le rapport?
Portez notamment votre attention sur ce qui touche :
La sécurité : risque d'incendie, électricité défaillante, émissions de monoxyde de carbone, escalier non conforme;
L'eau : infiltrations actives, fondation fragilisée par l'humidité, drain français obstrué;
La structure : charpente compromise, murs porteurs affaiblis, affaissement visible des planchers;
Ces catégories représentent souvent les risques les plus sérieux, tant pour votre sécurité que pour la valeur de votre investissement à long terme.
Comment évaluer les coûts potentiels associés?
Quelques suggestions avant de finaliser votre décision :
Demandez des soumissions à des entrepreneurs pour les travaux identifiés comme urgents (idéalement 2 à 3 soumissions par poste de travaux)
Intégrez ces montants dans votre budget total d'achat (prix + réparations + frais de notaire + droits de mutation)
Comparez le coût des réparations avec la marge de négociation possible sur le prix de vente
L’objectif de cette évaluation concrète est de vous permettre de prendre une décision fondée sur des données réelles plutôt que sur des impressions ou des émotions.
Des questions clés à poser au vendeur après inspection
Ces questions s'adressent au vendeur ou à son représentant, pas à l'inspecteur. Dans le cadre d'une transaction sans intermédiaire de courtage, comme c'est souvent le cas avec DuProprio, vous devez être particulièrement proactif(ive) dans votre collecte d'information. C'est votre responsabilité d'acheteur prudent.
Des réparations importantes ont-elles déjà été réalisées?
Quels travaux ont été effectués, à quelle date et par quel entrepreneur?
Des factures ou des documents de conformité (permis municipaux, certificats de conformité) sont-ils disponibles?
Les travaux ont-ils été réalisés par des entrepreneurs détenant une licence de la Régie du bâtiment du Québec (RBQ)?
Existe-t-il des garanties transférables sur les travaux ou les équipements?
La toiture, les fenêtres ou les électroménagers intégrés sont-ils encore sous garantie du fabricant ou de l'installateur?
Si la propriété est récente (moins de 5 ans), la garantie du constructeur (plan de garantie obligatoire administré par Garantie de construction résidentielle – GCR) est-elle transférable à l'acheteur?
La propriété a-t-elle déjà été touchée par un sinistre?
Des dégâts d'eau, un incendie ou un refoulement d'égout ont-ils eu lieu?
Des déclarations ont-elles été faites à l'assurance? Si oui, quelles en ont été les suites (réparations effectuées, montants réclamés)?
Le vendeur a l'obligation légale de déclarer tout vice connu. Une réponse évasive à ces questions devrait vous alerter.
Quels entretiens ont été réalisés au cours des dernières années?
Le système de chauffage a-t-il été entretenu régulièrement (nettoyage annuel recommandé)?
Les gouttières sont-elles nettoyées chaque année?
La cheminée a-t-elle été inspectée et ramonée conformément aux recommandations?
Le drain français a-t-il été vérifié ou remplacé? (Durée de vie moyenne : 25 à 40 ans)
Important :
Un vendeur bien informé qui tient un registre d'entretien est généralement bon signe. L'absence totale de documents devrait vous inciter à creuser davantage et possiblement à demander des expertises complémentaires.
Après l'inspection préachat, quelles sont vos options?
L'inspection est terminée. Vous avez le rapport en main. Que faire maintenant? Habituellement, 3 options s’offrent à vous. Aucune n'est meilleure que les autres dans l'absolu, tout dépend de ce que vous avez découvert et de votre tolérance au risque.
1 - Poursuivre la transaction telle quelle
Si les déficiences relevées sont mineures et que le prix reflète l'état réel de la propriété, vous pouvez décider de continuer sans changement. C'est souvent la bonne décision lorsque :
Les problèmes sont cosmétiques ou relèvent de l'entretien courant;
Le prix demandé tient déjà compte de l'état du bâtiment;
Vous avez le budget pour absorber les travaux identifiés sans compromettre vos finances;
2 - Renégocier le prix ou demander des correctifs
Le rapport d’inspection est un outil de négociation du prix de vente légitime. Vous pouvez :
Demander une réduction de prix équivalente aux coûts de réparation estimés (appuyée par des soumissions d'entrepreneurs)
Exiger que certains travaux soient réalisés avant la signature de l'acte de vente chez le notaire
Négocier une combinaison des deux selon la situation et la bonne foi des parties
Cette démarche doit se faire dans le respect des délais prévus dans votre promesse d’achat. Communiquez clairement, par écrit, en vous appuyant sur les constats du rapport.
3 - Se retirer de la transaction selon les conditions prévues
Si les problèmes découverts sont majeurs et dépassent ce que vous êtes prêt(e) à assumer (financièrement ou en termes de stress), vous avez le droit d'annuler la promesse d’achat. À une condition : avoir inclus une clause d'inspection dans votre offre.
À quoi sert la clause d’inspection?
Cette clause vous protège. Elle vous permet de vous retirer sans pénalité si les résultats font apparaître des problèmes majeurs (problèmes structurels, Infiltrations d'eau et moisissures, systèmes électriques, etc.). C'est précisément pour cette raison que la clause d’inspection est nécessaire lors d'une offre d'achat, même dans un marché compétitif.
Des erreurs à éviter lors d'une inspection préachat
Même bien préparé(e), il est facile de tomber dans certains pièges. Voici les plus courants et comment les éviter.
Ne pas assister à l'inspection en personne. Vous passez à côté des explications directes de l'inspecteur. Un rapport seul ne remplace pas les nuances d'une conversation sur place. Être là, c'est poser vos questions en temps réel et voir les problèmes de vos propres yeux.
Se concentrer uniquement sur les défauts esthétiques. Une cuisine datée est bien moins grave qu'une fondation fissurée. Apprenez à distinguer l'apparence de l'essentiel. Un comptoir de mélamine se remplace pour quelques milliers de dollars; une fondation compromise peut coûter 30 000 $ et plus.
Ignorer les recommandations d'expertises complémentaires. Si l'inspecteur suggère un test de pyrite ou de radon, prenez-le au sérieux. Ces analyses peuvent révéler des problèmes graves et coûteux qui changeraient complètement votre décision.
Sous-estimer les coûts de réparation futurs. Un toit à remplacer dans 3 ans, c'est parfois 15 000 $ ou plus. Un drain français à refaire,12 000 $ ou plus. Intégrez ces montants dans votre budget dès maintenant, avant de vous engager.
Acheter sans garantie légale et sans avoir fait d'inspection approfondie. Quand la garantie légale est exclue de la transaction (achat « aux risques et périls de l'acheteur »), le risque est élevé. Les recours de l'acheteur peuvent être plus limités en cas de problème découvert après l'achat.

Des questions essentielles le jour de l'inspection
Quels sont les défauts les plus importants à considérer?
Quels éléments devront être remplacés dans les prochaines années?
Quels travaux estimez-vous prioritaires et urgents?
Y a-t-il des signes d'infiltration d'eau actifs?
La fondation présente-t-elle des risques structuraux?
Recommandez-vous l'intervention d'un spécialiste?
Quels coûts potentiels dois-je anticiper à court terme?
Quels entretiens préventifs recommandez-vous après l'achat?
Ces problèmes sont-ils courants pour ce type de bâtiment?
Le bâtiment présente-t-il des signes de moisissures ou de problèmes de ventilation?
Chaque réponse obtenue est une information de plus pour prendre une décision éclairée. N'hésitez pas à demander des précisions si une réponse vous semble vague ou incomplète, c'est votre droit.
Tableau récapitulatif : les systèmes à vérifier et leur impact

L'inspection préachat est un outil d'aide à la décision, pas une garantie absolue. Elle vous donne une image claire de l'état de la propriété au moment de la visite. Et avec les bonnes questions, ce rapport technique devient une information réellement actionnable.
Que vous décidiez de poursuivre, de renégocier ou de vous retirer, vous le ferez en connaissance de cause. C'est tout ce qu'on peut espérer lors d'un achat aussi important.
Consultez les autres guides de DuProprio pour vous préparer à chaque étape du processus d'achat immobilier au Québec, de la première visite à la signature de l'acte notarié.
FAQ : Vos questions sur l'inspection préachat
Combien coûte une inspection préachat au Québec?
Le coût d'une inspection préachat se situe généralement entre 400 $ et 700 $ au Québec, selon la taille et le type de propriété. L'inspection d'un condo est habituellement moins coûteuse que celle d'une maison unifamiliale. Un investissement modeste comparé aux dépenses qu'il peut vous aider à éviter.
Est-il obligatoire d'assister à l'inspection préachat?
Ce n'est pas légalement obligatoire, mais c'est fortement recommandé. Être présent sur place vous permet de poser vos questions en temps réel et de saisir des nuances qu'un rapport écrit ne transmet pas toujours. Un(e) inspecteur en bâtiment peut expliquer verbalement la gravité d'un problème bien mieux qu'une note dans un rapport d’inspection. Votre présence vous permet aussi de mieux visualiser l'ampleur des travaux éventuels.
Peut-on négocier le prix d'une maison après une inspection préachat?
Oui, tout à fait. Le rapport d’inspection est un outil de négociation légitime. Vous pouvez demander une réduction de prix basée sur le coût estimé des réparations identifiées, dans les délais prévus par la promesse d’achat. Certains vendeurs préfèrent d'ailleurs ajuster le prix plutôt que de réaliser les travaux eux-mêmes. Appuyez votre demande sur des soumissions d'entrepreneurs pour plus de crédibilité.
Quels défauts découverts en inspection devraient attirer l’attention?
Les défauts majeurs touchant la fondation, la structure, le système électrique ou des infiltrations d'eau actives méritent une attention particulière. La présence de pyrite, de radon à des niveaux élevés ou d'ocre ferreuse peut également changer la donne. Ces problèmes doivent toujours être évalués en tenant compte de l'âge du bâtiment, du contexte global et du coût réel de correction.
Critères à considérer pour choisir un inspecteur en bâtiment au Québec
Vérifiez que l'inspecteur est membre de l'AIBQ (Association des inspecteurs en bâtiment du Québec) et qu'il ou elle détient une assurance responsabilité professionnelle. Demandez des références et assurez-vous que cette personne soit indépendante et disponible pour répondre à vos questions après la remise du rapport. Privilégiez de l'expérience en lien avec le type de propriété que vous convoitez.
Que faire si le vendeur refuse de négocier après l'inspection?
Si le vendeur refuse toute négociation malgré des déficiences majeures documentées, vous avez le choix : accepter la propriété telle quelle (en intégrant les coûts de réparation dans votre budget), ou vous retirer de la transaction si votre offre contenait une clause d'inspection.
L'inspection préachat protège-t-elle contre les vices cachés?
L'inspection ne garantit pas l'absence de vices cachés, puisqu'elle est visuelle et non destructive. Cependant, elle démontre votre diligence raisonnable comme acheteur prudent, un critère important si vous devez un jour intenter un recours. Elle permet aussi de détecter des indices de problèmes cachés qui justifieraient des tests supplémentaires.




